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Deuxième laboratoire pour Trois fois sonnera

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Deuxième laboratoire pour Trois fois sonnera

Texte et entrevue par Marie-Ève Lussier-Lévesque

Du 14 septembre au 1er octobre, l’équipe de Trois fois sonnera (titre provisoire) s’est réunie pour un deuxième laboratoire de création à la Maison pour la danse de Québec. On vous présente ici les photos prises lors de la dernière séance du laboratoire et le point de vue de la nouvelle recrue du projet : le musicien Nicolas Jobin.

Trois fois sonnera est une production artistique poussant la rencontre entre le théâtre non verbal et une danse reprenant l’esthétique du butô, dont l’exploration se fonde sur trois verbes : vieillir, mourir et persister.

L’année dernière, les artistes exploraient la notion de « persister » à l’aide d’objets légués par des proches disparus. Quant au laboratoire de cet automne, l’objectif a été d’approfondir les questions de vieillesse et de mort, en permettant simultanément au musicien de commencer un processus de composition musicale. Tout en gardant en tête les explorations précédentes, ça a donné l’occasion aux interprètes de créer d’autres tableaux et de peaufiner et préciser les six personnages qu’on pourra suivre tout au long du spectacle.

Voici quelques questions auxquelles notre nouveau musicien a bien voulu répondre pour discuter de son implication dans le projet :


– Nicolas, quelle a été ta démarche pour la création de la musique de Trois fois sonnera ?

En fait, pour ce laboratoire, on pourrait qualifier mon travail comme des « essais » de composition. Je suis en train de créer une banque d’ambiances à proposer pour chaque tableau des personnages.

– Alors quelles ont été tes inspirations pour la réalisation de tes essais ?

Eh bien, j’ai commencé par observer. Dans le contexte où un musicien doit composer une musique qui appuie l’expression d’interprètes, on doit se laisser influencer par la façon dont les acteurs décrivent leur œuvre. Par exemple, dans les discussions entre Jean-François et Julie avec les participants, j’ai remarqué que le souffle était très présent. Les artistes pouvaient travailler le mouvement dans le plus parfait silence; en inspiration, en expiration.

Cette respiration rappelle aussi la circularité qui est au cœur de la réflexion derrière Trois fois sonnera. Ça ressemble au « cycle » d’alternance entre la vie et la mort. J’ai utilisé ça pour créer des boucles, des motifs qui se répètent dans une forme de vague entraînée sur une structure qui, elle, est changeante.

– Est-ce que la musique présente un style particulier ?

Dans l’esprit du butô, les textures sonores sont épurées, minimalistes et plus abstraites. Il y a une extrême lenteur, dans le but de permettre au spectateur de trouver son propre rythme, ses propres images, sa propre lecture. Dans Trois fois sonnera, le metteur en scène adresse souvent la volonté d’une rupture de rythme : la musique peut parfois appuyer le jeu des interprètes ou entrer en contradiction. On ne souhaite donc pas dicter l’émotion : on laisse plutôt la place au langage personnel de chaque artiste parler de lui-même.

Naturellement, la musique s’est dirigée vers un style « atonal », sans notes de référence et dont l’architecture reprend des codes plutôt insolites. J’y vois quelque chose de similaire dans la mort ou la vieillesse : il y a une sorte d’anxiété et de surprise de ne pas savoir où on s’en va. C’est philosophiquement très inspirant !

– Dirais-tu alors que ta démarche de composition est philosophique ?

En quelque sorte, oui ! Le genre atonal se prête bien à une lecture intellectuelle de la pratique musicale. Je compose dans l’esprit que la musique, écoutée à part, suffit en elle seule pour porter les thèmes du projet. Mais je cherche aussi les points de rencontre. C’est lorsque tous les langages théâtral, chorégraphique et acoustique s’arriment qu’on peut vraiment y voir toute la profondeur de l’oeuvre.


Au prochain laboratoire, prévu à l’automne 2022, on espère avoir écrit une première version du spectacle et intégrer quelques éléments de scénographie dans le projet. Idéalement, on souhaite présenter la production au cours de l’année 2023-2024.

Mise en scène et chorégraphies : Jean-François F. Lessard
Musique : Nicolas Jobin
Expertise en butô : Julie Pichette
Interprètes : Angélique Amyot, Julien Fiset-Fradet, Natalie Fontalvo, Nicholas Paquin, Julie Pichette et Catherine Ruel-Boudreault

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