Sur les traces de Hiéroglyphes

Sur les traces de Hiéroglyphes

22.05.15 Actualités2015

 Plus que 5 jours avant notre spectacle-événement Hiéroglyphes présenté dans le cadre du Carrefour international de théâtre! Nous vous invitons aujourd'hui à découvrir quelques-uns des duos d'artistes que vous pourrez voir à l'oeuvre le 27 mai, ainsi que des extraits de leurs textes. Suivez-nous sur les traces de Hiéroglyphes!

 

Gen Maryse724

Extrait du texte "Voir la mer" de Maryse Lapierre (à droite), en complicité avec Geneviève Brassard-Roy (à gauche)

 

"Pis là, parce qu’on dirait que j’toute seule à voir ce qui se passe, parce qu'on dirait que c’est comme une affaire de vie ou de mort, pis surtout parce que ça sort tout seul : je crie!
- Tabarnak lâche-la!
La foule fronce les sourcils, genre : heille l’handicapée, pourquoi tu cries?
Le gars lâche la fille.
La fille reprend son souffle d’un coup, ah!.., comme quelqu’un qui est resté trop longtemps sous l’eau.
Le gars se tourne vers moi avec des yeux vides, c’est comme si j’étais une hallucination, un rêve, ou quelque chose du genre.
La fille s’effondre.
Sur moi.
A s’accroche.
A me donne un bec sur la joue.
Pis a vomi. Sur mes pieds.
Sacrament! "

  

Jeff Arleen724

Extrait du texte "Les bottes de souvenance" de Jean-François Plante (à gauche), en complicité avec Arleen Thibault (à droite)

 

"Le vent m’souffle dans face. C’est tout juste si j’me vois l’boutte des pattes. Pis y'a un fond d’glace partout où c’que j’marche…Mon arthrite arrange pas les choses. Ca fait trois fois que j’tombe à pleine face. Ch’t’aboutte!

Comme j’me dis ca, y'a un coup d’vent qui dégage la vue. J’vois des traces de bottes en avant d’moi. Deux traces, comme si y’avait deux gars qui v’naient d’passer. J’me dis, vl’à ma chance! J’vas suivre ça. J’vas trouver les gars qui marchent au boutte de ces traces-là. Y doivent ben avoir un campe, un garage, n’importe quoi où j’vas pouvoir me cacher..."

  

Jean Dale724px

Extrait du texte "La tarte au sucre de ma mère" de Dale Perron (à droite), en complicité avec Jean Désy (à gauche) 

 

"J’étais jeune. J’me rappelle que ma grand-mère, pour Noël, faisait de la tarte au sucre avec de la cassonade, du sucre et du sirop. Même quand j’avais plus faim, j’pouvais pas m’en passer. Cela se passait en 1991. Depuis, à chaque Noël, c’est moi qui fais la tarte au sucre; j’ai pris le relais. Tout le monde aime ma tarte. Certains prétendent que j’la réussis mieux que ma grand-mère. Mes oncles, mes tantes, mes frères et mes sœurs, tous, ils aiment ma tarte. C’est peut-être parce que j' mets tout mon cœur."

 

Extrait du texte "La p'tite soupe de ma mère" de Jean Désy, en complicité avec Dale Perron

"Un de mes souvenirs d’enfance les plus vivaces, c’est la « p’tite soupe » de ma mère. Ma mère n’était pas vraiment une cuisinière. De fait, je crois que ma mère n’aimait pas beaucoup faire à manger. Mais elle nous aimait, nous, ses cinq enfants, et je me souviens, pour le midi, parfois, elle nous demandait : « Vous voulez une p’tite soupe? » Souvent, nous répondions non. Mais faisant comme si elle n’avait rien entendu, ma mère versait dans de l’eau qui parfois n’était même pas bouillante un sachet de soupe Lipton, aux nouilles. Après quelques minutes, parfois sans avoir rien brassé, ma mère quittait son journal Écho Vedette et nous servait cette « p’tite soupe » dont les nouilles n’étaient qu’à moitié cuites."

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon

  

Julien Erika

Extrait du texte "Mon premier show sale pis une fille" de Julien Fiset-Fradet (à gauche), en complicité avec Erika Soucy (à droite)

 

"Le Festicrasse, c'est mon paradis mental rempli de vestes cloutées, de filles aux looks alternatifs semi-dénudées pis d'une ivresse profonde et sans honte où la violence et la camaraderie sont collées étroitement comme de bons vieux frères.

Avant que le show starte, dans la radio, il passe des vieux classiques punks.
Il y'a pas full de monde, genre 15 personnes, je suis arrivé un peu d'avance... Au bout d'une heure, le show commence.

Callisse que c'est hot! Shit, le chanteur porte toujours son vieux t-shirt qu'il n'a pas lavé depuis 30 ans avec toutes les matières humaines inclus depuis!
Ho! Déjà des moshpits!!"

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon

  

Steve Mathieu

Extrait du texte "L'horrible bête, première partie" de Mathieu Bérubé-Lemay (à droite), en complicité avec Steve Gagnon (à gauche)

 

"La voix de mon partenaire me parvient comme un écho lointain, complètement retiré de la réalité. Je fixe ce tableau macabre qui se dessine devant mes yeux. Dans le plus profond de mon être, la bête vient de surgir des ténèbres. Une bête malsaine au regard mauvais, aux crocs acérés et à la soif de violence. Une bête féroce qui n’attend que le moment opportun pour se manifester.

Aussitôt, je cours vers la fenêtre de la chambre, située à l’autre bout du couloir. Par la fenêtre, j’aperçois l’agresseur courant dans la ruelle. Je hurle l’appel.

‐ Police ! Les mains en l’air.

L’agresseur se retourne. Il s’agit d’un homme dans la quarantaine, les cheveux poivre et sel et le physique un peu grassouillet. Il me lance un regard dément. La bête en moi prend de plus en plus de force. Il recommence ensuite à courir. Je saute par‐dessus le cadre de la fenêtre et je me mets à sa poursuite. Aussitôt, l’horrible bête prend le contrôle de mon corps, feulant comme un chat sauvage et se préparant à bondir sur la proie devant lui. Il n’y a rien que je puisse faire pour l’arrêter maintenant."

Crédits photo: Laeticia Deconinck et Nicola-Frank Vachon

 

Pour tous les détails sur le spectacle et sur l'achat de billets, visitez la page de Hiéroglyphes en cliquant ici.