Passer le flambeau, une entrevue avec Christian Simard

Passer le flambeau, une entrevue avec Christian Simard

23.09.15 Actualités2015

Le 29 septembre prochain aura lieu l’assemblée générale annuelle d’Entr’actes. Comme il est d’usage, c’est à ce moment que seront élus les membres du conseil d’administration pour l’année à venir. Cette année, quelques postes seront à combler, dont celui de président. Avant qu’il ne passe le flambeau, nous avons réalisé une entrevue avec le président sortant, monsieur Christian Simard, afin qu’il nous parle de son expérience.


Monsieur Simard, comment en êtes-vous venu à occuper le poste de président du conseil d’administration d’Entr’actes ?

Tout d’abord, comme je n’ai pas commencé immédiatement comme président, mais comme administrateur, je dois parler de ce qui m’a amené au conseil d’administration d’Entr’actes. J’ai fait la connaissance d’Entr’actes il y a quelques années, lorsque j’ai assisté à une représentation de la pièce Le Petit Prince. À ce moment, j’ai été très impressionné par ce que j’ai vu et je dois dire que ça m’a aussitôt intéressé. Un moment donné, en jasant avec Jean-François F. Lessard de la pièce que je venais de voir et du fait que je connaissais certains participants (ma conjointe travaille avec des personnes handicapées), Jean-François m’a proposé de soumettre ma candidature au conseil d’administration. Comme j’étais impressionné par l’originalité d’Entr’actes, par les productions de très grande qualité qui y sont produites, mais aussi, et c’est ce qui me touche le plus, par le fait que l’organisme rend l’art accessible à tous, peu importe sa condition, j’ai voulu donner un petit coup de main. Ça me changeait des problèmes environnementaux et des crises environnementales, alors ça me faisait du bien ! Ensuite, de fil en aiguille, j’ai appris que Xavier Robidas, qui était président à l’époque, voulait passer à autre chose, alors je me suis dit pourquoi pas ? Au début, je pensais que ce serait pour un an, mais disons que ça s’est un peu prolongé, j’y suis demeuré 4 ans !


Comment qualifieriez-vous votre passage au CA ?

J’ai bien aimé ça et je pense avoir apporté quelque chose durant mes années de présidence. Effectivement, j’ai un bon réseau de contacts, plus particulièrement dans le domaine des coopératives et de l’économie sociale, et je considère que ce sont des domaines qui se marient bien avec Entr’actes. Je pense à la Coopérative funéraire des Deux Rives, à l’Office municipal d’habitation de Québec, à la CDEC, à Desjardins… Ce sont des entreprises qui sont là pour les gens. Il faut avouer que ça n’a pas été bien difficile de les convaincre, car depuis les dernières années, Entr’actes a beaucoup évolué – pour le mieux –, et ce, sur plusieurs plans. Nous avons reçu des prix, celui de TELUS entre autres, qui nous a permis d’aller chercher une ressource pour le financement ; nous avons bonifié nos modes de financement, passant du souper spaghetti aux spectacles-bénéfices actuels ; nous avons amené au CA des gens issus du milieu des arts et des affaires qui apportent leur expertise ; enfin, nous avons professionnalisé le système d’appui d’Entr’actes. Ce sont là des éléments qui ont un peu marqué mon passage. Par ailleurs, Entr’actes reste un jeune organisme. Il a tout l’avenir devant lui et il est vraiment mûr pour aller encore plus loin, voire pour vivre des expériences de niveau mondial. C’est agréable de le voir grandir et évoluer ! Je reste donc le premier fan d’Entr’actes et je le resterai encore longtemps. Je suis bien content d’avoir pu contribuer un peu à l’évolution de l’organisme, mais je comprends qu’il y a une limite à ce que peut faire un président de conseil. La direction, l’équipe, les participants, c’est tout de même eux, l’âme d’Entr’actes ! Finalement, c’était bien plaisant de pouvoir accompagner tout ce beau monde pendant quelques années !


Quelles sont les compétences essentielles pour faire un bon président, selon vous ?

Ça prend un peu de disponibilité, bien sûr ! Le président doit bien comprendre les enjeux propres à l’organisme, être au fait de tous les dossiers afin de prendre des décisions en connaissance de cause. Ce qui est important, je crois, c’est d’avoir un esprit démocratique collégial, un leadership doux, car on a une direction artistique forte et il faut qu’elle le demeure. Ça prend un esprit rassembleur, fédérateur, et un peu de discipline aussi, pour ne pas que les rencontres s’éternisent. J’ajouterais qu’il faut aussi beaucoup d’humilité, car on apprend souvent des participants et de la direction générale beaucoup plus qu’eux apprennent de nous. Et finalement, un président ne doit pas hésiter à mettre son réseau à contribution, voire être tannant en répétant sans arrêt « venez voir ça, ça vaut la peine ! ». Moi, j’ai amené ma famille, mes amis, et ils ont tous vraiment aimé ça. Il faut dire qu’Entr’actes n’est pas difficile à vendre, mais reste qu’il faut quand même le vendre, alors ça prend aussi un petit côté vendeur.


Qu’est-ce qui vous a marqué lors de votre passage à Entr’actes ?

Sans l’ombre d’un doute : la qualité des productions qui se font à Entr’actes ! Je suis particulièrement touché par les participants. Lorsque je les vois performer sur scène, ça me renverse. Il s’y dégage une magie et on y trouve un talent brut : Olivier, Mathieu, Katerina et j’en passe… Ça donne une raison d’être à l’implication bénévole. Ce qui m’a aussi marqué, c’est d’avoir eu le privilège de suivre cette équipe de travail, ces artistes, d’avoir eu accès à toutes leurs qualités. Vous formez une belle équipe.
Entr’actes m’a certainement apporté plus que ce que j’ai pu faire de mon côté… Au bout du compte, je crois que ç’a été un bel échange !


Vous êtes directeur de Nature Québec, vous avez fait de la politique, qu’est-ce qui vous passionne en tant que leader ?

Je pense qu’il faut toujours garder l’illusion qu’on peut changer le monde autour de soi. Par mes actions sociales, lors de mes implications, j’aime sentir que je peux faire une différence. À Nature Québec, on a protégé les bélugas, on a fait abandonner un projet de port pétrolier, on a créé des aires protégées et bien d’autres choses encore. J’aime penser que j’ai contribué à tout cela. Par ailleurs, comme le disait Claude Dubois, « j’aurais voulu être un artiste » ! J’ai fait du théâtre lorsque j’étais au cégep et j’ai ce petit regret de ne pas avoir poursuivi la formation plus loin. Entr’actes me permet de reprendre contact avec cet aspect-là de moi, par procuration ! Dans tous les cas, lutter ainsi m’apporte beaucoup en tant qu’être humain. Je suis un gars qui croit qu’on peut modifier un peu notre environnement et notre communauté au meilleur de notre connaissance et au mieux de ce qu’on peut faire. C’est ce qui me motive.


Parlez-nous de votre relation avec le directeur d’Entr’actes.

Nous avons toujours eu de bons contacts. Le directeur d’Entr’actes possède une personnalité forte, c’est un créateur incroyable, un organisateur. On ne retrouve pas souvent un directeur général et un directeur artistique en une même personne. Il est à la fois artiste et gestionnaire, ce qui n’est pas évident. Quelques fois, nous avons dû discuter des façons de faire, apporter des ajustements sur ce plan, mais cela dit, ça nous rend fiers de travailler avec des gens comme ça parce que le résultat est impressionnant. Je dirais que, somme toute, ce fut une très belle collaboration !


Quel conseil donneriez-vous à votre successeur ?


Tout d’abord, je lui conseillerais d’arriver à Entr’actes en comptant sur son propre bagage. La personne qui me remplacera dans le rôle de président devra essayer de voir ce qui, dans sa personnalité, dans ses compétences, dans son réseau de contacts, pourra profiter à l’organisme. Son rôle consistera à orienter l’équipe, tout en apportant sa propre couleur à l’entreprise. Elle viendra ainsi nourrir le volet d’Entr’actes qui se rapproche le plus de ses compétences. Je lui souhaite beaucoup de plaisir !

 



Nous vous invitons à assister à l’assemblée générale annuelle d’Entr’actes qui aura lieu le mardi 29 septembre de 19 h 30 à 21 h 30, au local 322 du Centre culture et environnement Frédéric Back (870, avenue de Salaberry, Québec). En plus de vous permettre d’en apprendre davantage sur l’organisme et d’échanger sur les projets à venir, cette rencontre sera l’occasion de vous procurer un exemplaire du rapport annuel, édition spéciale 20e anniversaire. Ne manquez pas cette chance de vous procurer ce document commémoratif exclusif !

Bien entendu, puisqu’il s’agit d’une assemblée générale, il est nécessaire d’être membre pour avoir droit de vote. Il vous sera donc possible d’acquérir, sur place, la carte de membre au coût de 10 $, vous procurant une adhésion à vie à l’organisme, sans nécessité de renouvellement.