La genèse

La genèse

28.10.15 Actualités2015

 

Ils étaient six comédiens et une réalisatrice. Ils ont eu une semaine pour produire un court métrage. Ça s'est passé lors de la dernière escale Kinomada à Québec. Découvrez les dessous du tournage de La Genèse dans une entrevue réalisée avec la réalisatrice Catherine Breton. Le court métrage se trouve à la toute fin.

 

Tu as fait des études en théâtre et en littérature à l’Université du Québec à Montréal, ainsi qu’en écriture télévisuelle à l’INIS. Maintenant, tu travailles tant comme comédienne que comme auteure et scénariste télé et tu as ta propre maison de production. Qu’est-ce qui te passionne autant dans le cinéma ?

 En effet, je fais beaucoup de cinéma, mais mes premières amours ont été pour le théâtre et je crois bien que c’est encore le cas aujourd’hui ! En fait, ce que j’aime, tant en ce qui a trait à l’écriture, au théâtre qu’au cinéma, c’est de raconter des histoires. Souvent, dans la création d’une œuvre, d’un film ou d’une pièce de théâtre, il y a ce qu’on ne demande pas à notre cerveau et qui ressort tout seul, inconsciemment, et qui parfois même nous surprend. Créer est une belle façon de se connaître soi-même et de révéler qui on est vraiment, c’est un peu comme semer de l’humanité. J’adore aussi me faire raconter des histoires, je suis une « fan finie » de théâtre et de cinéma, je trouve que c’est magique.

 

Qu’est-ce qui t’a amenée à prendre part à l’escale Kinomada ?

C’est Yannick Nolin, le directeur général de Kinomada, qui m’a invitée à prendre part à un kinomada il y a plusieurs années. Je me suis présentée en me disant qu’il y aurait peut-être des personnes qui allaient me prendre, soit pour jouer dans leur film, soit pour l’écriture. Je n’avais rien préparé, je suis arrivée sans projet, simplement pour y jeter un petit coup d’œil. Cette année-là, j’ai participé à un film et j’en ai aussi réalisé un. J’ai toujours des petites idées de scénarios qui traînent dans mon ordinateur ! On l’a fait en un après-midi et on l’a intitulé Poisson d’avril. En ayant fait ce kino-là, j’ai eu la piqûre et comme mon petit Poisson d’avril avait eu une bonne réception – les gens avaient bien ri –, j’ai réitéré l’expérience par la suite. Cette année, Yannick m’a encore approchée pour participer à l’activité, mais cette fois, il avait un projet différent à m’offrir : les ateliers avec Entr’actes…


L'escale Kinomada est un événement bien particulier, comment est-ce que ça se déroule ?

Ça consiste en une semaine de tournage et de montage, suivie d’une soirée de présentation des courts métrages. On peut arriver là avec ou sans idée de film, mais l’objectif, c’est d’arriver avec au moins une ébauche de projet. Ensuite, il s’agit de rassembler une équipe pour faire le film. Le principe de base, c’est que chacun doit participer à plus d’un projet. Lorsque tu participes à un kino, si tu te limites à un projet, c’est que t’as pas compris la patente ! Toutes les ressources sont mises ensemble, on y retrouve un parc d’équipement élaboré et toutes les sphères des professionnels du cinéma sont représentées : comédiens, directeurs photo, preneurs de son, etc. On est au-delà d’une centaine. Au départ, tout le monde se présente et parle de ses idées de projet. Ensuite, on monte les équipes en allant voir les personnes qui nous intéressent pour nos propres projets. Tout ça crée de belles communautés, car on se croise d’année en année et l'on finit par bien se connaître.


Dans quel contexte t’es-tu retrouvée à mener un projet avec l’équipe d’Entr’actes ?

Cette année, dans le cadre d’un projet de médiation culturelle, Kinomada a décidé d’inclure un nouveau volet à ses activités habituelles : les ateliers Kinomada. Ils ont donc approché trois organismes pour participer à ce volet, chacun étant accompagné par un réalisateur, et c’est à ce moment-là que j’ai été mise en contact avec la gang d’Entr’actes ! On avait 8 semaines avant celle du tournage pour préparer les participants et les aiguiller afin qu’ils arrivent à la semaine de Kino prêts à tourner. Le but, c’était de les amener à avoir déjà un scénario en main.


Comment s’est construit ce scénario ?

À l'aide de quelques conseils et orientations, ce sont les participants qui l’ont créé. Au départ, je leur ai demandé quel genre de film les intéressait. Ils m’ont tous dit, et ç’a été instantané : les films de superhéros ! Il y en a qui m’ont dit qu’ils voulaient jouer les méchants, d’autres les superhéros. Jean-François Plante m’a fait comprendre qu’il ne voulait être ni bon ni méchant, mais qu’il aimait les personnages complexes qui ont l’air méchants tout en étant fondamentalement bons. Nicolas voulait jouer les « bad boys », les durs à cuire. Julien, pour sa part, voulait jouer un personnage un peu tordu. Et il y avait Yan qui me disait qu’il voulait jouer Batman ! J’ai essayé de l’amener ailleurs, car Batman est un personnage qui existe déjà, mais c’était Batman et rien d’autre, alors j’ai lâché prise en me disant pourquoi pas ? Après qu’ils aient tous choisi un personnage, il fallait voir comment tout ça pouvait s’arrimer. Après quelques exercices avec les personnages, on a construit le scénario commun. Tout cadrait bien, car les participants avaient tous choisi de jouer des rôles d’étudiants, sauf Jean-François qui, lui, voulait incarner un concierge. Pis Yan, bien, il a joué Batman et c’était magnifique !

 

Qu’est-ce que tu retiens de ton expérience avec la gang d’Entr’actes ?

Pour moi, au plan humain, ç’a été une super belle expérience. Ça ne peut pas faire autrement ! Et je pense que la gang a tripé, c’était le but ! Je voulais leur faire aimer le cinéma, les amener dans cet univers-là et leur faire vivre une belle expérience. C’est précisément le genre de projet qui m’amène ailleurs, qui fait du bien, en réalité. C’est agréable aussi de prendre le temps de revenir à un rythme de vie humain. On a pu créer des liens collectifs. Ce n’était pas moi qui allais faire mon film, c’était ensemble qu’on allait créer un film. C’est le genre de chose que je pourrais faire à l’année, ç’a été du bonbon !

 

 

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