Gare - une entrevue avec Sonia Pagé

Gare - une entrevue avec Sonia Pagé

24.04.18 2018Actualités

Les 12 et 13 mai prochain, près d’une cinquantaine d’artistes d’Entr’actes brûleront les planches de l’Auditorium Roland-Arpin du Musée de la civilisation lors du spectacle annuel d’Entr’actes, intitulé GARE. Pour l’occasion, des numéros de danse et de théâtre se succéderont, parcourant différents univers qu’a inspirés ce lieu de passage qu’est la gare.


Cette année, en vue de la création du spectacle, nous avons proposé aux participants une démarche revisitée : plutôt que de leur imposer un thème servant de guide à la création de leurs œuvres, nous leur avons suggéré un lieu. Cette démarche originale a amené la scénographe Sonia Pagé à entrer dès le départ dans le processus de création, proposant l’esquisse dont les participants allaient s’inspirer pour créer leurs numéros. Ayant fait partie de l’équipe à trois reprises par le passé à titre d’assistante aux maquillages, elle nous livre ici l’expérience qu’elle a vécue cette année en tant que scénographe.


Le processus de création

« Le point de départ de la création des numéros, qui n’était pas un thème, mais un endroit, a modifié le processus habituel de création. J’ai tout d’abord proposé plusieurs esquisses de différents lieux pour que l’on puisse ensuite, Jean-François F. Lessard, les professeurs et moi, faire un choix tous ensemble. Nous avons dès lors ciblé trois lieux et, ne pouvant trancher entre les deux favoris, les enseignants ont fait des improvisations avec leurs groupes pour déterminer lequel semblait être le plus inspirant. C’est la gare qui l’a emporté. »


La source d’inspiration

« Pour m’inspirer, j’ai surtout fait de la recherche sur le web, tout en ayant en tête les gares d’autobus de Québec, les stations de métro de Montréal et certaines gares de train de Toronto et de New York. Je voulais que le décor soit un lieu très concret dans lequel plusieurs types de gens pouvaient se rencontrer et où plusieurs types d’évènements pouvaient se produire. Un lieu susceptible d’inspirer certains thèmes à son tour, tout en restant polyvalent. Dans ce cas-ci, j’aimais l’idée que l’architecture évoque la gare, sans qu’on ait besoin d’un train, d’un bus, d’un métro ou de pancartes pour le comprendre. Ça permettait une certaine ouverture et laissait matière à interprétation tant pour les créateurs que pour le spectateur. »


Depuis la première esquisse…

« Depuis la première esquisse, le concept s’est épuré, on a ciblé les éléments essentiels du décor pour laisser de côté ceux qui l’étaient moins. Certains numéros m’ont demandé d’apporter des précisions en regard des choix de matériel, surtout en ce qui a trait à la transparence des panneaux. Une certaine modification s’est aussi imposée en cours de route, puisque le lieu de diffusion est passé du Périscope au Musée de la civilisation. Bien que similaires, les deux salles ont leurs petites particularités qui doivent être prises en compte dans la création du décor. »


Le spectacle

« Lorsque j’ai créé ce décor, je ne m’attendais pas à voir émerger ce genre de numéros et je suis enchantée de voir à quel point les équipes ont su ratisser large sur le type d’ambiance et le type d’évènements qui peuvent se produire dans un endroit comme une gare. Comme le spectacle est composé de numéros de théâtre qui s’inspirent de quatre registres (humoristique, dramatique, satyrique et fantastique) et de numéros de danse contrastés, ce sera très varié. J’ai d’ailleurs particulièrement hâte de voir les tableaux dansés dans un lieu aussi concret que l’est la gare. Ces tableaux donneront à voir un beau clash avec les univers de théâtre, mais le fait que toute l’action se déroule en espèce de huis clos viendra uniformiser le tout. Enfin, je ne m’attendais pas à autant d’onirisme et de poésie, surtout dans le cadre de certains numéros; j’ai bien hâte de les voir prendre forme dans le contexte de la gare. »


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